Faut-il légaliser l’euthanasie en France ?

En 2017, sur les 606 000 personnes décédées en France la moitié avait plus de 83 ans et un quart plus de 90 ans. Indépendamment de l’âge, environ 150 000 Français meurent chaque année d’un cancer. En France, la très grande majorité des décès ne correspond donc pas à une mort brève et accidentelle mais relève d’un processus lent et pour le moment inaltérable : le vieillissement et les maladies qu’il induit. Le vieillissement s’accompagne généralement d’un déclin des capacités physiques et cognitives, d’une plus grande fragilité du corps et surtout de douleurs très importantes pouvant durer des mois voire des années. De nombreuses personnes en fin de vie, et/ou parfois leurs proches, en viennent à suggérer que la mort serait peut-être une option préférable à une existence faite de souffrances conséquentes et sans grand espoir que celles-ci diminuent. Le nombre important de personnes concernées par une fin de vie lente et douloureuse, et le nombre bien plus important de personnes qui le seront dans le futur, m’amènent à penser que les manières dont nous devrions gérer la fin de vie constituent un enjeu majeur pour diminuer les souffrances dans le monde.